LA GEISHA La geisha est l'incarnation de la femme la plus raffinée, intelligente et cultivée de tout le Japon. Elle est enlevée à sa famille dès son plus jeune âge et entre dans une école pour apprenties geisha, où elle apprendra tout ce qui fera d'elle une figure aussi précieuse qu'irremplaçable. La geisha apprendra à soigner au mieux son apparence physique, à porter les lourds kimonos de soie, à se maquiller en couvrant son visage d'un épais fard blanc, en soulignant ses yeux de noir et sa bouche de rouge vif, jusqu'à en faire une sorte de masque diaphane sous la lourde perruque noire. Puis elle apprendra à évoluer avec grâce et élégance, à servir à boire avec raffinement, à calibrer chacun de ses gestes de façon à les rendre plus gracieux. Elle deviendra maîtresse dans tous les arts, apprendra la musique jouée sur les instruments traditionnels, la danse, le chant, l'art dramatique, le jeu de l'éventail, la cérémonie du thé et l'art d'arranger les fleurs. Elle étudiera longuement et avec soin les textes classiques et modernes, devenant ainsi extrêmement cultivée. Elle apprendra l'art de la séduction et de l'allusion malicieuse. De cette façon, elle sera prête à remplir sa fonction principale: égayer les ennuyeux repas d'affaires, les banquets et les fêtes en général. La geisha est la femme idéale pour la plupart des hommes japonais: elle est intelligente, cultivée, attentive, aimable, élégante, sait parler comme il faut au moment où il le faut, connaît à la perfection tous les arts précieux, y compris l'art érotique. Prenons-en pour preuve que la plupart des geisha, leur tâche accomplie, finiront souvent par épouser des hommes riches et occupant des positions élevées.
A la page 14 : Le théâtre No « J'avais depuis longtemps mis au point un sourire très étudié, que j'appelle mon sourire « Nô », car il évoque un masque du théâtre Nô dont les traits sont figés.
Le Nô est un art théâtral dramatique hautement stylisé, chanté et dansé, joué le plus souvent masqué, dans lequel la beauté du mouvement et de la voix est à son point culminant.
Les thèmes apportés incluent la piété filiale, l'amour, la jalousie, la vengeance et l'esprit des samouraïs. Tout cela est présenté sous la forme d'une simple émotion, grâce au chant, à la danse et à la musique. Les pièces de Nô n'ont ainsi souvent pas d'intrigue.
Les caractéristiques uniques de ce genre théâtral sont:
- Le type de scène sur lequel il est joué (unique en son genre).
- L'accent mis sur un seul rôle principal.
- Son utilisation des masques.
- L'usage de la danse comme moyen d'expression important.
- Les méthodes de vocalisation particulières de ses chants.
- La poésie de ses scrïpts.
- Son orchestre composé d'un grand tambourin (ô-tsuzumi), d'un petit tambourin (ko-tsuzumi), d'une flûte traversière (fue) et parfois d'un grand tambour (taiko).
A la page 54 : Descrïption du Kimono de la geisha Hatsumomo « Celui-la était d'un bleu céruléen, avec des spirales ivoirines, figurant les tourbillons d'une rivière. Des truites scintillantes filaient dans le courant. Des arbres bordaient l'onde. Il y avait un petit cercle doré a chaque point de contact entre les feuilles vert tendre et l'eau. »
Voir aussi la page 89 du livre.
Le kimono est une longue robe, arrivant jusqu'aux chevilles chez les hommes, et généralement plus longue pour les femmes, entièrement ouverte sur le devant et fermée par une haute ceinture serrée à la taille, qui retient les deux pans, le pan gauche étant croisé sur le côté droit. On compte trois types différents de kimonos, en fonction du modèle des manches: le kosodé ("à manche étroite"), l'hirosodé ("à manche large") et le furisodé ("à manche pendante"). Il y a également différents types de kimonos en fonction de l'occasion, de l'époque de l'année, du sexe, de l'âge et de la position de la personne qui le porte. Il existe des kimonos en soie légère pour les promenades d'été et de lourds brocarts de soie pour les cérémonies. Les impressions et les couleurs peuvent elles aussi changer, mais elles se rapportent généralement à la saison au cours de laquelle les kimonos sont portés: des branches de cerisiers en fleur et des rossignols embelliront les vêtements printaniers, tandis que les pins couverts de neige seront réservés aux lourds kimonos d'hiver. Un élément essentiel du kimono est l'obi, la large ceinture qui sert à le fermer. Assez petite et simple dans les vêtements masculins, elle devient plus longue et compliquée dans les habits féminins, jusqu'à devenir plus importante et représentative que le kimono lui-même dans les habits de cérémonie. Dans ce cas, l'obi peut atteindre plusieurs dizaines de mètres de longueur, et une bonne dose de l'élégance d'une dame provient du modèle qu'elle choisit pour son obi, qui se termine dans le dos par de véritables chefs-d'oeuvre sous forme de noeuds, de rubans ou de coussinets.
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